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Jeux Olympiques et religion : un voyage de la Grèce antique à Paris 2024

Le lien entre les Jeux Olympiques et la religion s’étend de la Grèce aux Jeux de Paris 2024. Nés en 776 avant JC à Olympie, en Grèce, les Jeux olympiques étaient à l’origine un événement dédié à Zeus, le roi des dieux. Au-delà des compétitions, les Jeux faisaient partie intégrante d’une fête religieuse plus large impliquant des sacrifices et des rituels. Les concurrents des cités-États se sont engagés dans des événements comme la course, le saut, la lutte et les courses de chars tout en honorant les divinités.

Selon la croyance, il y avait une présence aux Jeux avec des récits suggérant que même Zeus se battait avec son père Cronos pour la suprématie sur le monde. La tradition d’allumer la flamme a commencé lors d’une cérémonie au temple Olympias d’Héra, au cours de laquelle une prêtresse a utilisé un miroir pour l’allumer avec la lumière du soleil – une pratique qui continue d’être un symbole important dans les Jeux modernes d’aujourd’hui.

Alors que le christianisme se développait à travers l’Empire romain, les Jeux Olympiques antiques furent supprimés parce qu’ils étaient considérés comme une célébration païenne. Néanmoins, l’essence des Jeux a perduré, conduisant à la création des Jeux Olympiques en 1896, dirigés par Pierre de Coubertin, éducateur et historien français.

Bien que les Jeux olympiques d’aujourd’hui soient considérés comme une affaire, la religion continue de revêtir une importance au sein de l’événement. De nombreux athlètes puisent leur force et leur inspiration dans leur foi, affichant souvent des symboles et des gestes sur le podium lorsqu’ils reçoivent des médailles. Par exemple, certains athlètes peuvent se signer. Levez les yeux vers le ciel avec gratitude ou prenez un moment pour prier après avoir remporté la victoire.

Une illustration poignante de l’influence exercée sur les Jeux olympiques contemporains est illustrée par le récit d’Eric Liddell. Liddell, originaire d’Écosse, a participé aux Jeux de Paris en 1924. En raison de ses convictions contraires aux courses du dimanche. Son épreuve préférée est le 100 mètres. Il a plutôt choisi de concourir et de triompher lors de la course de 400 mètres, décrochant l’or et établissant un record du monde. Son parcours remarquable a ensuite été immortalisé à l’écran avec « Les Chariots de Feu », un film qui a remporté un Oscar.

Dans le contexte de la religion et des Jeux olympiques, il existe un exemple impliquant Muhammad Ali, qui a remporté l’or en boxe aux Jeux de 1960 à Rome. Alors connu sous le nom de Cassius Clay Ali, il a utilisé son succès pour dénoncer le racisme et défendre ses convictions islamiques. Son acte de jeter sa médaille d’or dans la rivière Ohio après s’être vu refuser le service dans un établissement blanc est devenu emblématique. Par la suite, il est devenu un symbole du mouvement des droits civiques et une figure mondiale représentant l’Islam.

À certaines époques, la religion a conservé son importance aux Jeux olympiques. Par exemple, lors des Jeux de 2016 à Rio de Janeiro, la première équipe olympique de réfugiés était composée d’athlètes originaires de pays déchirés par la guerre, comme le Soudan du Sud et la Syrie. Ces athlètes ont trouvé réconfort et résilience grâce à leur foi face aux défis.

Dans la perspective des Jeux de 2024 à Paris, la religion est sur le point de reprendre le devant de la scène. La France, avec son histoire de laïcité, est confrontée aux questions de liberté et d’identité. Des critiques ont été adressées à la France pour son interdiction des symboles dans les espaces, considérée par certains comme une atteinte aux libertés individuelles.

Malgré les tensions existantes, les Jeux Olympiques ont le potentiel de rassembler les gens, unissant athlètes et spectateurs, de différents horizons et régions. La Charte olympique, qui énonce les valeurs des Jeux, souligne l’importance de « faire progresser une société axée sur le respect de la dignité humaine » et « d’adopter des principes éthiques universels ».

Les Jeux olympiques peuvent notamment défendre ces idéaux en servant de plate-forme de dialogue interreligieux et de compréhension mutuelle. Le village olympique, où résident des athlètes de nations et de cultures et échangent les uns avec les autres pendant les Jeux, illustre cette notion. De nombreux athlètes saisissent cette opportunité pour mieux connaître les croyances et les coutumes de chacun, nourrissant ainsi un esprit de respect et d’admiration.

De plus, la religion peut être intégrée aux Jeux olympiques à travers des pratiques et des rituels. Certains athlètes peuvent tirer réconfort et force de la prière ou de la méditation, tandis que d’autres peuvent participer à des observances ou à des congrégations. Le Mouvement olympique reconnaît l’importance de ces pratiques. A établi des protocoles pour offrir des services lors des Jeux.

Dans la perspective des Jeux de Paris 2024, les indications suggèrent que la religion jouera un rôle.

La ville possède des monuments religieux, comme la célèbre cathédrale Notre-Dame, qui a subi d’importants dégâts lors d’un incendie en 2019, mais qui devrait rouvrir partiellement à temps pour les Jeux olympiques.

De plus, le comité d’organisation de Paris a affirmé son engagement à promouvoir la diversité et l’inclusion pendant les Jeux, notamment en fournissant un hébergement aux athlètes de confessions religieuses. Cela peut impliquer la création de zones de prière désignées offrant des choix d’aliments halal et casher et la mise en œuvre d’initiatives pour garantir que tous les athlètes se sentent accueillis et respectés.

Alors que nous nous préparons pour les Jeux olympiques de 2024, il est évident que la religion continuera à occuper une place dans le récit des Jeux, tout comme elle l’a fait tout au long de l’histoire. Qu’il s’agisse d’actes de foi, de dialogues interreligieux ou d’observances spirituelles, la religion possède la capacité de motiver, d’unifier et d’élever à la fois les athlètes et les spectateurs.

Simultanément, les Jeux olympiques ont le potentiel de transcender les divisions et de favoriser un sentiment commun d’humanité. En unissant des individus de différents horizons et convictions, ces Jeux peuvent cultiver un esprit de camaraderie, de solidarité et de paix qui s’étend bien au-delà des limites du sport.

Comme l’a dit un jour Pierre de Coubertin, le visionnaire à l’origine des Jeux olympiques : « Gagner n’est pas tout aux Jeux Olympiques ; ce qui compte vraiment, c’est de participer. De même, l’essence de la vie ne réside pas dans la victoire mais dans les défis rencontrés ; il ne s’agit pas de conquérir mais de se battre. » Dans la perspective des Jeux de Paris 2024 et au-delà, gardons ces mots et incarnons les principes olympiques fondamentaux de recherche de l’excellence, de promotion de l’amitié et de respect – sur et en dehors du terrain de sport. Ce faisant, nous pouvons rendre hommage au passé et à la signification spirituelle des Jeux olympiques tout en ouvrant la voie à un avenir meilleur et plus inclusif, pour toutes les personnes impliquées.

Publié à l’origine dans The European Times.

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